Marché ALIMENTERRE: L’assiette en état d’alerte : OADEL en tribune invite à mieux se nourrir

SANTE SOCIETE

« Adama Plage » , ce dimanche 23 novembre 2025, s’est muée en un véritable auditorium à ciel ouvert où les vagues accompagnaient la réflexion. En point d’orgue du projet “Marché ALIMENTERRE”, déployé du 14 au 23 novembre, l’ONG OADEL a orchestré une conférence-débat d’une rare pertinence sur le thème : « Plats locaux et santé publique : prévenir les maladies liées à l’alimentation ».
Pour cet ultime rendez-vous, une voix s’est distinguée par sa clarté et son autorité : celle du Dr Pauline KOMBATE, naturopathe, membre du Collège des naturopathes du Québec et professeure de naturopathie à l’I.I.N.M.

En retraçant l’essence de son exposé, l’on comprend que pour le Dr KOMBATE, notre alimentation est notre première ordonnance, mais elle peut aussi devenir notre première défaillance quand elle perd son lien avec la nature.
Son regard, aiguisé par de nombreuses observations du Burkina au Tchad en passant par le Bénin et le Togo, révèle une réalité préoccupante : nos marchés sont envahis de produits douteux, transformés, altérés par la chimie et dépourvus de la vitalité nécessaire à la santé.

Elle s’est notamment attardée sur ces poissons dits « floulakés », sucrés à l’aspartame, une tentation sucrée que paient chèrement les organismes fragiles.
Le paradoxe la frappe également : le Togo regorge de produits locaux frais, complets, nutritifs, et pourtant une partie de la population se détourne de cette richesse pour privilégier des aliments raffinés, importés, « des nourritures qui rassasient le geste mais affament la santé ».

Un retour au bon sens alimentaire : les recommandations du Dr KOMBATE

Au fil de son intervention, la naturopathe a tracé les contours d’un véritable chemin de retour vers soi.
Elle rappelle d’abord l’importance de désintoxiquer l’organisme, car nos émonctoires — le foie, les reins, le côlon, les poumons et le système lymphatique — ne peuvent jouer leur rôle que lorsqu’ils sont régulièrement nettoyés et délestés. Elle recommande ainsi de procéder à des cures périodiques, notamment grâce au charbon activé, présenté comme un « troisième rein » capable de capturer silencieusement les toxines avant qu’elles ne se frayent un chemin vers nos organes vitaux.

Elle souligne ensuite qu’il est illusoire de vouloir guérir sans supprimer la cause du mal. Puisque de nombreux troubles trouvent leur origine dans les mauvaises habitudes alimentaires, il devient impératif d’adopter une alimentation plus simple, plus naturelle, pauvre en pesticides et en produits chimiques. C’est précisément en ce sens qu’elle salue l’initiative d’OADEL d’encourager les potagers familiaux, ces jardins d’autonomie où chaque ménage peut cultiver une partie de sa propre santé, loin des excès de produits toxiques.

Enfin, elle met en lumière l’importance capitale des fibres alimentaires, trop souvent absentes de nos assiettes modernisées. Elle explique que la constipation, évoquée par plusieurs participants après la conférence, trouve souvent sa cause dans un manque de fibres. Celles-ci abondent pourtant dans nos légumes locaux : adémè, feuilles de baobab, gnato, gboma, feuilles de patate douce, fétridessi…
Selon elle, varier les feuilles, c’est nourrir l’organisme avec intelligence et colorer la vie d’un arc-en-ciel de nutriments protecteurs.

En rassemblant experts et citoyens autour d’un thème aussi crucial, l’OADEL a rappelé que l’avenir de notre santé se joue dans nos choix alimentaires quotidiens.
Manger local n’est pas un acte de folklore, mais une stratégie de survie, une démarche de souveraineté sanitaire et un retour harmonieux à ce que le terroir offre de mieux.

Le message du Dr Pauline KOMBATE demeure limpide :
lorsque l’assiette se rapproche de la terre, la santé se rapproche de l’homme.
Et c’est peut-être là la plus belle leçon de cette conférence : le remède que nous cherchons parfois si loin pousse souvent… juste à côté de chez nous.