Lomé, carrefour des ambitions : quand Africains et Afrodescendants sculptent l’avenir économique du continent
Le 9e Congrès panafricain de Lomé, inauguré le 8 décembre, a offert au monde une scène où l’Afrique pense son devenir avec lucidité et audace. Le 10 décembre 2025, une table-ronde économique emblématique s’est penchée sur un thème cardinal : « Contribution des Africains et des Afrodescendants au développement économique intégré de l’Afrique ». Entre visions stratégiques et accents patriotiques, les réflexions ont dessiné les contours d’un continent qui entend désormais conjuguer développement au présent et souveraineté au futur.
Cette rencontre de haut vol a déroulé un agenda riche en ambitions structurantes, sorte de partition où chaque note traduisait la volonté de propulser l’Afrique vers un modèle de croissance endogène.
D’abord, l’assemblée a célébré les réussites éclatantes du secteur privé africain et afrodescendant. Les success stories ont été élevées au rang de véritables sources d’inspiration, tandis que les champions du continent étaient présentés comme les phares qui éclairent les routes du progrès. Ensuite, les débats ont insisté sur le rôle fondamental des entreprises locales, ces piliers vivants de l’innovation et de la résilience économique.
L’intégration marchande, portée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), a été présentée comme le levier déterminant pour bâtir un marché commun robuste et dynamiser le commerce intra-africain. Dans cette dynamique, la question de l’accès aux financements, domestiques comme internationaux, s’est imposée comme un passage obligé. Les discussions ont mis en lumière l’impératif d’attirer les investissements directs étrangers tout en cultivant des sources de financement locales adaptées aux réalités du terrain.
Au cœur des échanges, un autre trésor a été révélé : le capital humain. Les panélistes ont plaidé pour que l’Afrique ne soit plus un spectateur passif de la révolution technologique, mais un acteur audacieux et inventif, capable de transformer ses talents en innovations majeures. Cette vision évoque une Afrique qui ne subit plus la modernité, mais la façonne avec ses propres mains.
La convergence entre les secteurs public et privé est apparue comme une nécessité indiscutable, une alliance stratégique pour donner au développement une efficacité accrue. Dans le même souffle, les entraves persistantes telles que l’instabilité politique, les inégalités exacerbées ou le sous-emploi ont été abordées frontalement afin d’en dégager des solutions concrètes et opérationnelles.
Les participants ont souligné la nécessité de reconnaître, cartographier et promouvoir les champions locaux qui aspirent à jouer un rôle moteur dans l’intégration régionale. Il s’agit là d’un pas majeur vers un développement durable et inclusif. La création d’un cadre favorisant les partenariats interentreprises et l’accès aux marchés régionaux est apparue comme une clé essentielle pour optimiser les chaînes de valeur transnationales.
Au terme des débats, une synthèse inspirante s’est imposée : l’urgence d’élaborer des stratégies pour engager une croissance pérenne fondée sur la valorisation des compétences locales et le resserrement du partenariat public-privé. L’industrialisation, l’intégration des marchés et l’innovation sont devenues les maîtres-mots d’une Afrique qui avance avec assurance, forte de ses modèles, consciente de ses défis, prête à transformer ses fragilités en rebonds.
Dans cet esprit d’engagement et de projection, le Lieutenant-colonel Idiola Sandah, Administrateur général de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), a livré un message vibrant, tel un appel à la mobilisation économique :
« Pour nous, c’est une opportunité majeure de présenter la PIA, d’en exposer les facilités et d’inviter les investisseurs africains et de la diaspora à s’y implanter. Toutes les conditions sont réunies, toutes les facilités d’accompagnement sont en place. Nous refusons l’idée que seuls les investisseurs étrangers en bénéficient. Nous souhaitons ardemment que les Africains, que la diaspora, viennent investir à la PIA. C’est pour nous un canal essentiel pour porter ce message. »
Ainsi, Lomé n’a pas seulement accueilli un congrès. La capitale togolaise s’est faite carrefour des ambitions, agora des intelligences, tremplin des rêves économiques. Une Afrique debout, digne et décidée, y a parlé d’une seule voix : celle d’un continent qui n’attend plus que l’avenir vienne à lui, mais qui, désormais, avance pour aller le chercher.