Projection Grand Public : SEXTAPE au Palais des Congrès de Lomé : Un 14 février entre amour et conscience

CULTURE SOCIETE

À l’heure où le numérique immortalise les élans du cœur autant qu’il archive les imprudences, l’intimité n’est plus seulement vécue : elle se filme, se conserve et, parfois, se retourne contre ceux qui l’ont offerte. C’est cette zone sensible, souvent tue mais largement vécue, que le long métrage togolais SEXTAPE choisit d’explorer avec audace et responsabilité.
Ce lundi 2 février 2026, à l’espace culturel MIVA, la maison de production JOKER GROUP a convié les professionnels des médias à une rencontre d’échanges et de clarification autour de cette œuvre cinématographique à forte portée sociale. Une conférence de presse marquée par la présence des acteurs du film et de son producteur, Emerson Ayivor, venu lever le voile sur l’intention profonde de ce projet.
« Nous ne voulons pas juger, mais comprendre », a-t-il souligné avec gravité. Une déclaration qui résonne comme une ligne éditoriale assumée : faire du cinéma non un prétoire, mais un révélateur ; non un espace de condamnation, mais un miroir tendu à la société.


Inspiré de situations réelles, SEXTAPE raconte le parcours de Maëva, jeune femme à quelques semaines de son mariage, brusquement rattrapée par un passé que l’on croyait clos. Une vidéo intime, confiée hier dans l’élan de l’amour, devient aujourd’hui l’outil d’un chantage implacable. La peur s’installe, la honte s’invite, la pression sociale oppresse. Et la dignité chancelle.
À travers ce drame psychologique, le film met en lumière un phénomène de société devenu tristement courant : le revenge porn, cette violence numérique où l’image, censée sceller la confiance, se transforme en arme de destruction morale. Ici, l’amour filmé devient piège monté, et le consentement d’hier ne protège plus de l’humiliation publique d’aujourd’hui.
Mais SEXTAPE refuse le raccourci et évite le procès. Sans moralisme ni discours accusateur, l’œuvre invite à une réflexion collective sur notre rapport à l’image, à l’intimité et à la responsabilité individuelle à l’ère des réseaux sociaux. Elle rappelle, avec une justesse troublante, que protéger son image, c’est aussi préserver son avenir, et que la première cible de toute volonté de nuisance demeure la dignité humaine.

« Quand quelqu’un veut vous détruire, la première chose qu’il vise, c’est votre dignité », confie Emerson Ayivor. Une vérité brute que le film traduit avec sensibilité, humanité et retenue.


Après une avant-première remarquée à l’Hôtel 2 Février, SEXTAPE s’apprête désormais à rencontrer le grand public lors d’une projection exceptionnelle le 14 février 2026, au Palais des Congrès de Lomé, dans une formule spéciale Saint-Valentin. Une soirée pensée comme un équilibre entre célébration et conscientisation, mêlant projection cinématographique, prestations artistiques et jeux tombolas, pour rappeler que l’amour se fête, mais se protège aussi.
Cette sortie s’accompagne du lancement d’une campagne nationale de sensibilisation, placée sous le thème #NoSextape, destinée à encourager la prudence numérique, le dialogue au sein des relations et le soutien aux victimes de violences en ligne. Une démarche citoyenne qui confirme l’ambition de JOKER GROUP : faire du cinéma un outil de prévention, un levier d’éveil et un déclencheur de débats nécessaires.


Plus qu’un film, SEXTAPE est un signal. Il brise le silence, interpelle les consciences et pose une question essentielle : à l’ère où tout peut être enregistré, partagé et diffusé, sommes-nous encore maîtres de ce que nous livrons de nous-mêmes ?

SEXTAPE, ou la démonstration implacable que le passé ne meurt jamais… surtout lorsqu’il est sauvegardé.