Milieu carcéral : la SMPDD milite pour la dignité et le bien-être des femmes

SOCIETE

À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la Solidarité Mondiale pour les Personnes Démunies et les Détenus (SMPDD) a posé un acte aussi symbolique qu’humaniste à la Prison civile d’Atakpamé. L’organisation y a tenu, samedi, une séance de sensibilisation consacrée à la promotion du bien-être et de la dignité des femmes détenues.


Dans un univers carcéral où les murs enferment les corps mais ne doivent jamais étouffer les droits, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de réhabilitation humaine et sociale. Elle vise à rappeler, avec force et sensibilité, que la privation de liberté ne saurait être synonyme de privation de dignité.
Au Togo, les femmes représentent une minorité de la population carcérale, soit 3,31 % en décembre 2025. Une proportion modeste qui, paradoxalement, tend parfois à reléguer leurs besoins spécifiques dans l’ombre des préoccupations pénitentiaires. Pourtant, ces femmes vivent des réalités singulières marquées par des vulnérabilités multiples : stress psychosocial, isolement, stigmatisation sociale, difficultés liées à la santé sexuelle et reproductive, mais aussi une méconnaissance de leurs droits fondamentaux.


À cette équation humaine s’ajoute la situation des femmes surveillantes pénitentiaires, qui exercent leur mission dans un environnement professionnel exigeant, où la vigilance permanente se conjugue souvent avec une charge émotionnelle considérable. Dans cet espace où se croisent contraintes sécuritaires et aspirations humaines, le climat relationnel devient un levier essentiel pour garantir le respect effectif des droits humains.


Placée sous le thème évocateur « Promotion de la santé mentale et des droits des femmes en milieu carcéral : Respirer la dignité », la rencontre avait pour ambition de semer des graines d’espoir dans un terrain souvent aride. Elle visait à renforcer la résilience psychosociale des femmes détenues, tout en promouvant une approche fondée sur les droits humains et la solidarité.


Au fil des échanges, plusieurs thématiques majeures ont été abordées : la santé sexuelle et reproductive, le bien-être émotionnel, ainsi que les droits et devoirs des femmes en détention. Les participantes ont également bénéficié d’une séance collective de yoga adaptée, pensée comme une parenthèse de respiration intérieure. Dans cet espace de détente et de partage, les tensions se sont relâchées, laissant place à un moment de cohésion et d’humanité partagée entre détenues, surveillantes et acteurs institutionnels.


La rencontre a mobilisé plusieurs parties prenantes, notamment des représentants du ministère de la Justice, de la direction de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des membres de la communauté et des familles des détenues.


Pour joindre le geste à la parole, des kits d’hygiène ont été distribués aux bénéficiaires, contribuant ainsi à préserver leur dignité au quotidien. Un geste simple, mais porteur d’une symbolique forte : celle d’une société qui choisit de ne pas détourner le regard face à la vulnérabilité.


Par cette initiative, la SMPDD rappelle avec éloquence qu’en milieu carcéral comme ailleurs, la dignité n’est pas un privilège, mais un droit. Et que parfois, derrière les barreaux, il suffit d’un souffle d’humanité pour réapprendre à respirer l’espoir.