Dans un contexte politique marqué par l’avènement de la Ve République et l’entrée du Togo dans un régime parlementaire, l’Union des Forces de Changement a choisi de conjuguer introspection, lucidité et projection. Réunis au cours d’un atelier de réflexion stratégique, ce samedi 9 Mai 2026 au siège du Parti , les responsables, militants et cadres du parti ont ouvert les portes d’un vaste chantier politique destiné à redéfinir les contours de l’engagement de l’UFC dans le nouveau paysage institutionnel togolais.

À travers cette rencontre de haute portée politique, l’UFC a voulu transformer le doute en débat, les interrogations en orientations, et les défis du temps présent en leviers d’avenir. Une démarche qui traduit la volonté du parti de ne pas subir l’histoire, mais de continuer à l’écrire.
Prenant la parole au cours des travaux, Séna Alipui a souligné que le basculement du Togo dans un régime parlementaire constitue un tournant historique appelant les formations politiques à une profonde réorganisation.
Selon lui, cette mutation institutionnelle replace les partis politiques au cœur du fonctionnement de l’État et impose désormais aux acteurs politiques une responsabilité nouvelle : celle de construire des structures solides, enracinées et capables d’accompagner durablement les aspirations populaires.
Dans une parole mesurée mais dense de sens, le vice-président de l’UFC a rappelé que cette rencontre stratégique vise avant tout à faire l’état des lieux du parcours du parti après plus de trois décennies d’existence, tout en procédant à une évaluation sereine de l’accord RPT/UFC et de ses implications politiques. Ainsi, loin des passions stériles et des querelles d’arrière-garde, l’UFC semble vouloir inscrire son action dans une dynamique de clarification politique et de reconstruction méthodique.
L’un des temps forts de cet atelier aura été la redéfinition du rôle de l’opposition dans le Togo contemporain. Pour Séna Alipui, l’heure n’est plus aux antagonismes permanents ni aux affrontements improductifs. Le combat politique doit désormais épouser les exigences du développement, de la stabilité et de l’intérêt national.
Dans cette logique, l’UFC revendique aujourd’hui le statut d’une opposition constructive, capable non seulement de critiquer, mais surtout de proposer. Une opposition qui ne se contente plus de dénoncer les insuffisances, mais qui entend contribuer activement à la recherche de solutions concrètes face aux défis nationaux.
Les héritiers de l’Ablodé, fidèles à leur héritage historique, veulent ainsi apporter leur pierre à l’édifice national sans renoncer à leur identité politique. Une manière subtile d’affirmer qu’il est possible d’être opposant sans être adversaire du progrès
Au cœur des échanges, un message est revenu avec insistance : la nécessité de privilégier le rassemblement après les compétitions électorales. Pour les responsables du parti, le peuple togolais aspire moins aux fractures politiques qu’à l’amélioration concrète de ses conditions de vie.
Dans cette perspective, l’UFC entend promouvoir une vision politique fondée sur l’unité nationale, la préservation des libertés et la transformation économique du pays. Le rêve des pères fondateurs , faire du Togo « l’Or de l’Humanité » demeure, selon les intervenants, une ambition encore possible, à condition de substituer à la politique des tensions celle des solutions.
Des ateliers pour repenser l’avenir du parti
Au-delà des discours, cet atelier s’est voulu profondément participatif. Après une première session consacrée au contexte politique et institutionnel, les participants ont engagé une réflexion critique sur le bilan politique du parti, notamment autour de l’accord RPT/UFC et de son impact sur l’image de l’UFC ainsi que sur sa base militante.
Les travaux de groupes ont ensuite permis d’explorer plusieurs axes majeurs : la gouvernance interne, le positionnement politique et les alliances, la modernisation du parti, l’ancrage territorial ainsi que la promotion de la jeunesse et des femmes au sein des instances décisionnelles.
Des échanges nourris orientés vers une même ambition : insuffler un nouveau souffle à une formation politique historique appelée à se réinventer dans un environnement institutionnel en mutation.
À travers cet atelier stratégique, l’UFC se veut ouvrir une nouvelle page de son histoire politique. Une page où la réflexion remplace l’improvisation, où le dialogue supplante les crispations, et où la reconstruction partisane devient une exigence de survie politique.
Dans un Togo engagé dans les méandres d’une nouvelle architecture institutionnelle, le parti entend visiblement transformer les défis de la Ve République en opportunités de renaissance politique.