L’affaire des présumés trucages de matchs dans le championnat national de football s’est invitée au cœur des débats parlementaires. Réunis en séance plénière ce jeudi 25 juin 2026, les députés ont interpellé le gouvernement sur des accusations de manipulation de résultats qui secouent depuis plusieurs semaines le milieu du football togolais.
La ministre du Développement à la base et de l’Économie sociale et solidaire, Mme Mazamesso Assih, accompagnée du ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Dr Abdul-Fahd Fofana, a répondu à cette question orale avec débat, conformément aux dispositions de l’article 108 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
La séance, présidée par le Président de l’Assemblée nationale, Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, a permis à la représentation nationale de faire entendre ses préoccupations face à une affaire qui porte atteinte à l’image du football togolais et soulève des interrogations sur la crédibilité des compétitions nationales.
À l’origine de cette interpellation se trouve le député Kokou Eké Hodin, président de la Commission de l’éducation, de la communication et du développement socioculturel. Le parlementaire a attiré l’attention du gouvernement sur la diffusion d’enregistrements audio et de diverses informations mettant en cause certains responsables de la Fédération Togolaise de Football ainsi que des acteurs impliqués dans l’organisation du championnat.
Face à la gravité des faits allégués, le gouvernement a tenu à réaffirmer son attachement aux principes de transparence, de justice et d’intégrité sportive. Pour l’Exécutif, le sport demeure un puissant facteur d’unité nationale, d’épanouissement de la jeunesse et de développement humain, raison pour laquelle aucune zone d’ombre ne saurait être tolérée dans la gestion des compétitions nationales.
Mme Mazamesso Assih a indiqué que plusieurs démarches préliminaires ont déjà été entreprises. Les autorités compétentes ont notamment procédé à la collecte d’informations et à l’examen des différents éléments disponibles afin de disposer d’une base objective pour les investigations à venir. Des consultations juridiques ont également été engagées afin de déterminer le cadre approprié à une procédure crédible et impartiale.
Si les responsables de la Fédération Togolaise de Football ont contesté les allégations portées contre eux, le gouvernement estime néanmoins que la gravité des accusations exige davantage qu’un simple démenti et appelle à des investigations approfondies.
Dans cette perspective, le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports a annoncé la mise en place prochaine d’une commission d’enquête indépendante, en collaboration avec la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage du Togo. Cette structure aura pour mission d’examiner minutieusement les faits, de recueillir les témoignages des différentes parties et de formuler des conclusions en toute impartialité.
L’Exécutif a également précisé que si les investigations révélaient l’existence d’infractions pénales, les autorités judiciaires compétentes seraient immédiatement saisies afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
À travers cette démarche, le gouvernement entend préserver l’honneur du football togolais, restaurer la confiance des acteurs du sport et garantir aux jeunes talents un environnement compétitif fondé sur le mérite, l’équité et le respect des règles.
En attendant les conclusions de la commission annoncée, l’Assemblée nationale a exprimé son souhait de voir la vérité éclater et les responsabilités clairement établies. Au-delà de cette affaire, c’est la crédibilité du football togolais et l’avenir de sa professionnalisation qui se trouvent aujourd’hui au centre des préoccupations.