L’Union des Forces de Changement (UFC) veut donner un nouveau contenu au mot « changement ». Réuni samedi 8 août 2026 à la Place Nathanaël à Lomé pour son 10ᵉ Congrès ordinaire, le parti a placé son rendez-vous statutaire sous le thème « De l’Ablodé au développement harmonieux ». Une formule qui résume à elle seule l’ambition affichée : préserver l’héritage historique de la lutte pour la liberté tout en orientant davantage l’action politique vers les préoccupations concrètes de développement.

Venus de différentes préfectures du pays, les délégués ont consacré leurs travaux à l’examen des rapports moral, d’activités et financier, à la révision des textes fondamentaux ainsi qu’au renouvellement des instances dirigeantes. Le congrès a également été marqué par les cérémonies d’ouverture et de clôture, l’exécution des hymnes national et du parti, ainsi qu’une minute de silence en mémoire des militants et personnalités disparus.
Au cœur des débats, le concept d’« Ablodé », terme éwé associé à l’indépendance, à la liberté et à l’émancipation, a été revisité sous l’angle des défis contemporains du Togo.

Présentée par Emmanuel Vivien Tomi, porte-parole de l’UFC, la communication consacrée au thème du congrès a permis de replacer cet héritage dans son contexte historique et politique. Mais l’enjeu était surtout de regarder vers l’avenir : pour l’UFC, la liberté ne peut rester un héritage à commémorer ; elle doit devenir une responsabilité à assumer et un moteur de progrès.

Cette vision rejoint les priorités mises en avant par le parti : accès à l’eau, emploi des jeunes, éducation, santé, électrification, sécurité et salubrité. Autrement dit, faire de l’Ablodé non seulement une page de l’histoire politique togolaise, mais également une source d’inspiration pour répondre aux besoins du présent.
Le congrès a adopté de nouveaux Statuts et un nouveau Règlement intérieur. Une réforme importante porte sur la durée des mandats des instances dirigeantes, désormais fixée à cinq ans au lieu de trois.
Autre évolution majeure : le Bureau Directeur passe de 33 à 23 membres, avec une architecture destinée à renforcer la lisibilité et l’efficacité de l’action du parti.
À l’issue des travaux, Dr Gilchrist Sylvanus Olympio a été reconduit à la présidence nationale de l’UFC. Sena Alipui devient Premier Vice-président et François Komi Essolabinam Lokadi Deuxième Vice-président. Les troisième, quatrième et cinquième vice-présidences reviennent respectivement à Gaëtan Ahoomey-Zunu, Gnokou Pandam et Kolan Baroma.
Au Secrétariat général, Edwards Teddy Mensah poursuit sa mission, tandis que Kodjotsè Adzoyi prend les fonctions de Trésorier général. Les postes consacrés aux femmes et à la jeunesse sont désormais élevés au rang de vice-présidences et confiés respectivement à Léonardina Rita De Souza et Mohamed Azoumah. Emmanuel Vivien Tomi est nommé Porte-parole du parti.
Le congrès a également renouvelé le Comité des Sages, dont l’effectif passe à sept membres. Il est présidé par l’ancien député Martin Adjeodah Aholou, assisté de Justin Kondo, vice-président, et de Djabène Douti, secrétaire.
Cette instance devra notamment contribuer à la cohésion du parti, à la transmission de son héritage politique et à l’accompagnement des instances dirigeantes dans leurs grandes orientations.
Ce 10ᵉ Congrès intervient dans un contexte politique marqué par l’avènement de la Ve République, nouvelle configuration institutionnelle qui redessine le paysage politique togolais. L’UFC entend y prendre toute sa place en renforçant son organisation, son implantation territoriale et sa capacité à porter des propositions sur les grands enjeux nationaux.
La cérémonie de clôture a d’ailleurs rassemblé plusieurs formations politiques, parmi lesquelles UNIR, CPP, PDP, MCD, NET et CLE. Représentant le parti UNIR, Yao Bloua Agbo a transmis les félicitations du Président national d’UNIR, Faure Essozimna Gnassingbé, au président national de l’UFC ainsi qu’aux nouvelles instances dirigeantes.
Au terme de cette rencontre, le message de l’UFC apparaît clairement : ne pas renier ses racines, mais faire pousser de nouvelles branches. Le parti veut désormais conjuguer son héritage de l’Ablodé avec les exigences du développement, dans une logique de participation à la construction d’un Togo plus prospère, plus solidaire et plus harmonieux.
De la liberté comme idéal au développement comme impératif, l’UFC entend ainsi donner un nouveau sens au « changement » : celui d’une transformation qui ne se décrète pas, mais qui se construit dans l’action.