Couverture Sanitaire Universelle en Afrique : l’OMS sonne l’accélération depuis Lomé

SANTE SOCIETE

La santé universelle ne saurait attendre. Réunis à Lomé du 15 au 17 septembre 2026, les directeurs de la planification et hauts responsables de la santé des 47 États membres de la Région africaine de l’OMS cherchent une nouvelle dynamique pour accélérer la marche vers la Couverture sanitaire universelle (CSU).

Le constat est aussi clair qu’inquiétant : l’indice de couverture des services de CSU dans la Région africaine n’atteignait que 50 % en 2023, contre 80 % au niveau mondial.

Plus préoccupant encore, le nombre de personnes privées d’une couverture complète des services essentiels est passé de 576 millions en 2017 à environ 609 millions en 2025 et pourrait atteindre 652 millions en 2030 si le rythme actuel ne change pas. La croissance démographique risque ainsi de faire courir les progrès après les besoins.

À l’ouverture des travaux, le Représentant résident de l’OMS a salué les délégations et remercié le Gouvernement togolais pour son accueil. Il a surtout appelé à une intensification des efforts, avec les soins de santé primaires comme fer de lance de cette nouvelle offensive sanitaire.

Pour l’OMS, l’heure n’est donc plus à la simple progression, mais à l’accélération. Il s’agit de renforcer les systèmes de santé, d’améliorer la protection financière des populations et d’adapter les réponses aux réalités propres à chaque pays.

Représentant le ministre de la Santé, Dr Josée Yawa Djatugbé Apetsianyi, Directrice générale des Études, de la Planification et de l’Information sanitaire, a réaffirmé l’engagement du Togo en faveur du droit à la santé et de l’accès équitable aux soins.

Elle a notamment rappelé les avancées enregistrées avec l’Assurance Maladie Universelle, dont le cadre légal a été adopté en 2021 et dont le déploiement effectif a débuté en 2024. Le pays ambitionne notamment de couvrir 80 % des travailleurs non salariés du secteur informel d’ici 2030.

L’expérience togolaise en matière d’accès géographique aux soins, de santé communautaire et le programme WEZOU, consacré à la femme enceinte et au nouveau-né, constituent également des acquis mis en avant dans les échanges.

Organisée par le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique , la rencontre de Lomé doit permettre de tirer les leçons du cadre régional adopté en 2017 et de préparer son actualisation. Les participants planchent notamment sur un cadre révisé de la CSU, des orientations opérationnelles pour renforcer les soins de santé primaires et de nouveaux indicateurs de suivi adaptés aux réalités nationales.

À l’horizon 2030, le défi est donc posé : ne plus seulement gagner du terrain, mais gagner du temps. Car pour des millions d’Africains encore éloignés des soins essentiels, la couverture sanitaire universelle ne peut rester une promesse à long terme : elle doit devenir une réalité de proximité.