La CNSS et l’INAM à Kara : Main tendue aux prestataires pour bâtir une AMU de confiance et efficace

SANTE SOCIETE

Le Togo ausculte sa politique de santé avec sérieux et lucidité. Ce mercredi 23 juillet 2025, le Palais des Congrès de Kara s’est transformé en agora sanitaire, réunissant les principaux acteurs de l’écosystème médical autour d’un rendez-vous capital : la revue annuelle de l’Assurance Maladie Universelle (AMU). Dix-neuf mois après son lancement officiel, cette réforme sociale d’envergure a été passée au scanner par ses artisans et ses bénéficiaires, dans une volonté affirmée de transparence, de dialogue et de performance.Sous le thème évocateur « Un an de mise en œuvre de l’assurance maladie universelle : les organismes gestionnaires en revue avec les prestataires de soins de la région de la Kara », la rencontre s’est imposée comme un moment de diagnostic partagé, mais aussi de prescription collective. Médecins, responsables d’établissements de santé, cadres des institutions gestionnaires – la CNSS et l’INAM –, ainsi que des représentants de l’État, ont conjugué leurs expertises pour dresser un état des lieux sans complaisance et esquisser les pistes d’un avenir encore plus inclusif.

Prenant la parole au nom des organismes gestionnaires (INAM/CNSS), M. Tchilabalo PILANTE, Directeur général de l’INAM, a salué la dynamique de collaboration qui, depuis janvier 2024, permet à des milliers de Togolais d’accéder à des soins de qualité, dans un esprit d’équité et de dignité retrouvée. Il a souligné que cette politique résulte d’une volonté présidentielle forte, orientée vers la justice sociale et la construction progressive d’un État-providence à l’africaine.

La rencontre a permis de disséquer les grandes lignes de mise en œuvre de l’AMU : conventionnement des prestataires, mécanismes de remboursement, référentiels médicaux, lutte contre la fraude… Tout a été abordé, sans langue de bois, dans un souci de perfectionnement permanent.

Représentant le ministre en charge de l’Accès aux soins et de la Couverture sanitaire, le Professeur Bagny Aklesso a tenu à souligner les retombées positives du dispositif, non seulement pour les populations, mais également pour les structures de santé qui bénéficient d’un renforcement de leurs capacités humaines et matérielles. Toutefois, il a rappelé avec force que cette avancée sociale ne saurait prospérer sans responsabilité partagée.

À ce titre, il a lancé un appel solennel à la rigueur : rigueur des prestataires dans l’application des protocoles, mais aussi rigueur des assurés dans le respect du dispositif. L’usage abusif des feuilles de soins, parfois cédées à des tiers, a été dénoncé comme une véritable menace pour la viabilité du système. Car derrière chaque fraude se cache un maillon qui se brise dans la chaîne de solidarité.

Cette revue d’étape, bien plus qu’un bilan technique, s’est révélée être un acte politique fort : celui d’un État qui écoute, corrige et avance. Et Kara n’est que la première station de cette tournée nationale d’évaluation. Les autres régions du pays seront bientôt, elles aussi, invitées à faire le point, afin d’ajuster l’offre et de garantir une qualité de service homogène sur l’ensemble du territoire.

Dans cette entreprise de clarification et de pédagogie, les médias ont été conviés à jouer leur partition, non pas comme simples relais, mais comme éclaireurs de l’opinion, capables de distinguer le bruit de l’information.

Cette journée de travail, intense et féconde, s’est conclue sur une conviction partagée : l’Assurance Maladie Universelle est un bien commun à préserver, à consolider et à faire fructifier. Si les défis sont encore nombreux, les fondations, elles, sont solides. Et c’est ensemble, main dans la main – assurés, prestataires, gestionnaires et décideurs – que le Togo bâtira une couverture sanitaire plus juste, plus efficace, et surtout plus humaine.

Le cœur du système bat désormais au rythme de l’équité. Et de Kara à Lomé, en passant par toutes les préfectures du pays, le souffle de l’AMU se veut durable, inclusif et irréversible.