Projection à l’ IFT : Le cri d’un enfant anime l’écran : « Allah n’est pas obligé » s’invite au FIGA

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Ce samedi soir, l’Institut français de Lomé se fera cathédrale d’ombres et de lumières, temple éphémère où l’écran racontera l’indicible. Dans le cadre du Festival International du Film d’Animation (FIGA 2025), la salle de projection s’illuminera pour accueillir le long-métrage Allah n’est pas obligé, une œuvre poignante qui conjugue virtuosité technique et profondeur narrative.

Adapté du roman éponyme d’Ahmadou Kourouma, ce film d’animation — à la fois brut et poétique — s’impose comme un cri dessiné contre l’absurdité des guerres enfantées par les hommes. Sous les traits mouvants du jeune Birahima, le spectateur suit un itinéraire où l’innocence s’effiloche au rythme des rafales et des rancunes ethniques.

L’animation, ici, devient langage universel : chaque image, ciselée comme une enluminure tragique, traduit l’émotion brute de l’enfance dépossédée. Le travail sur la lumière, les textures et la colorimétrie restitue à la fois la chaleur des terres africaines et la brûlure intérieure des combats. La bande sonore, minimaliste mais viscérale, souligne la tension du récit tout en laissant respirer les silences — ces silences lourds, qui pèsent plus que mille cris.

En choisissant Allah n’est pas obligé pour marquer la soirée du samedi, le FIGA 2025 assume un geste fort : celui de rappeler que l’animation n’est pas qu’un divertissement, mais un langage d’art et de conscience, capable d’explorer les zones les plus sombres de l’humanité tout en préservant la beauté du trait.

Le public de Lomé, attendri et averti, découvrira ainsi un chef-d’œuvre où le dessin devient résistance, où le cadre devient prière, et où chaque plan, minutieusement animé, raconte l’éternelle quête d’un enfant pour retrouver la lumière.