Ouverture officielle de FEFE 2026: Badja devient le cœur battant des arts populaires

CULTURE

Le canton de Badja, dans la préfecture de l’Avé, a officiellement levé le rideau, ce mercredi 26 août 2026 à Assivimé, sur la première édition de la Rencontre internationale des arts populaires (FEFE). Dans une atmosphère empreinte de solennité, de ferveur populaire et de convivialité, autorités traditionnelles, acteurs culturels, artistes et populations se sont retrouvés autour d’une même ambition : faire de la mémoire un levier de création et de la tradition une passerelle vers l’avenir.

Parmi les personnalités présentes figuraient Duméga Akpadji Kokou, 1er notable représentant le chef canton à l’ouverture, M. Agbla Koku Michel, président du Comité de développement à la base (CDB) du canton de Badja, ainsi que Togbui Akoutsa Komi Avogan VII, chef canton de Badja et président du Conseil des chefs traditionnels de l’Avé.

Prenant la parole au nom de la chefferie, le représentant du chef canton a salué la tenue de cette initiative qui contribue à placer Badja au cœur de la dynamique culturelle nationale. Il a mis en avant l’importance de préserver les expressions traditionnelles, de favoriser leur transmission aux jeunes générations et d’offrir aux artistes un cadre propice à la création.

Pour la chefferie traditionnelle, FEFE constitue ainsi un espace de rencontre entre les générations, où la culture populaire peut retrouver toute sa vitalité et toute sa dignité.

Pour Marcel Kodjovi Djondo, directeur de la Compagnie Gakokoé, l’enthousiasme du public dès cette première soirée est un motif de satisfaction. La forte mobilisation des populations de Badja témoigne, selon lui, de l’intérêt suscité par une initiative qui entend replacer les arts populaires au cœur de la vie culturelle.

Le choix de Badja s’inscrit également dans une histoire de proximité avec la région. Les liens établis depuis les années 1990, notamment à travers le FESTEF, ont naturellement favorisé l’implantation de cette nouvelle aventure artistique.

Mais FEFE constitue surtout l’une des premières expressions d’une ambition plus vaste : TOKPE, futur centre international d’excellence consacré à la mémoire, à la recherche, à la formation et à la création artistique. La collectivité de Badja, à travers sa chefferie, a mis un terrain à disposition pour permettre à ce projet de prendre progressivement corps.

L’objectif est de recueillir les récits des anciens, préserver les savoir-faire, documenter les pratiques culturelles et transformer ce patrimoine immatériel en source d’inspiration pour les créateurs contemporains.

FEFE, dans le sillage d’AVEZA

La tenue de FEFE prend également une dimension particulière puisqu’elle s’inscrit dans la dynamique de la fête annuelle du peuple Ewé de l’Avé, AVEZA.

Fidèle à sa vocation, AVEZA participe à la valorisation, à la sauvegarde, à la protection et à la promotion du patrimoine culturel togolais. Le rapprochement entre cette grande célébration populaire et FEFE apparaît dès lors comme une convergence naturelle : d’un côté, une fête qui rassemble autour de l’identité et des traditions ; de l’autre, un festival qui transforme ces mêmes richesses culturelles en matière de création et de transmission.

Cette synergie permet ainsi de donner davantage d’écho aux expressions culturelles de l’Avé tout en les inscrivant dans une dynamique d’ouverture et de dialogue avec d’autres territoires et d’autres sensibilités artistiques.

Pour cette première journée, la parole et l’imaginaire ont occupé une place centrale. Edah Awanu a présenté Trito, avant que Fati Foussèni ne conduise le public dans l’univers fascinant des contes du pays des Batammariba.

Ces prestations ont rappelé la puissance du conte comme outil de transmission, de divertissement et d’éducation, mais aussi comme précieux dépositaire de la mémoire collective.

La programmation se poursuit ce jeudi 27 août au stade de Badja avec Roger Atikpo et sa kora dans Le Fromager, suivi du conte musical Enyagan de Ziticomani, porté par Béno Sanvee, Eustache Kamouna et Anani Gbétèglo. La soirée prendra ensuite une dimension spirituelle avec la cantata « Jeunesse de l’Église presbytérienne de Tsévié dans Jephté ».

Le vendredi 28 août, les manifestations populaires ouvriront la journée avant une soirée musicale avec Eustache Kamouna, dit Baaba, puis le Gbadas Concert-Band de l’Académie du concert-party, qui présentera Humilité sacrée. Un concert urbain réunissant des artistes de l’Avé et d’ailleurs clôturera cette première édition.