À la tribune des Nations unies, Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, a frappé fort d’entrée :« Comment évoquer les affaires du monde sans rappeler les performances de notre pays, le Togo ? Soyez rassurés, le Togo va bien, et le Togo va mieux », a-t-il lancé, tel un éclat d’optimisme dans un monde souvent assombri par les crises.
Le Togo en marche : des réformes porteuses et des résultats tangibles
Déroulant le chapelet des avancées, le chef de la diplomatie togolaise a rappelé que plus de 70 % des cibles des Objectifs de développement durable (ODD) sont désormais intégrées dans les politiques publiques, notamment à travers la feuille de route gouvernementale 2020-2025, bâtie sur quatre piliers : le social, l’économie, l’environnement et la gouvernance.
Digitalisation des procédures fiscales et douanières, guichet unique pour le dépôt des états financiers, cadre juridique renforcé pour les marchés publics et le partenariat public-privé, audiences judiciaires en ligne et réduction des délais de procédures : autant de réformes qui, selon lui, traduisent un changement systémique, conjuguant modernité et efficacité.
Les résultats parlent d’eux-mêmes :
Santé : 90,7 % d’accessibilité géographique aux soins en 2023, avec un bond de près de 20 % depuis 2020, et le lancement de l’Assurance maladie universelle couvrant déjà plus de 3 millions de personnes, dont les élèves grâce au School AMU.
Eau et énergie : 86 % d’accès à l’eau potable en 2024 (+26 % depuis 2020), et 74,5 % d’accès à l’électricité avec une dépendance énergétique extérieure tombée sous la barre des 50 %.
Lutte contre la pauvreté : le taux de pauvreté a chuté de 51,1 % en 2020 à 24,8 % en 2025.
Agriculture et infrastructures : rendements agricoles en hausse (11 à 17,32 % selon les filières), 4 472 km de pistes rurales aménagées et 485 km de routes bitumées construites ou réhabilitées.
Autant de réalisations qui, selon Robert Dussey, ont propulsé la croissance économique du pays à 5 % en 2025 et contribué à maîtriser l’inflation. Dans la lutte contre les effets du dérèglement climatique et de l’érosion côtière, 60 % des populations vulnérables sont désormais protégées, et 40 millions de plants ont été mis en terre sur 48 000 hectares.
Le ministre s’est également félicité de la progression du Togo dans le dernier rapport du PNUD sur l’indice de développement humain. Désormais classé dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire, le Togo s’impose au 2ᵉ rang de l’UEMOA (derrière la Côte d’Ivoire) et au 4ᵉ rang de la CEDEAO, juste après le Cap-Vert, le Ghana et la Côte d’Ivoire.
Un classement qui témoigne, selon lui, de la détermination togolaise à conjuguer résilience économique, stabilité sociale et ambition durable dans un monde traversé par des turbulences.
Au-delà des chiffres et des succès nationaux, Robert Dussey a rappelé l’urgence d’une réforme en profondeur de l’architecture mondiale. À l’heure où l’ONU célèbre ses 80 ans, il a dénoncé un système international « conçu par un petit cercle d’États aux intérêts changeants », appelant à corriger ce qu’il qualifie de « préjudice historique » fait à l’Afrique.
La réforme du Conseil de sécurité, avec l’octroi de sièges permanents au continent, n’est pas un simple ajustement institutionnel : elle est, selon lui, un impératif de dignité et de justice. « Refuser de reconnaître les injustices historiques, c’est perpétuer un multilatéralisme inachevé », a-t-il insisté.
Et de rappeler le cri ancestral du continent :
« L’Afrique réclame justice, parce qu’elle a été exclue depuis 80 ans des grandes décisions mondiales. L’Afrique réclame réparation, parce qu’elle fut pillée et humiliée par l’esclavage durant plus de quatre siècles », a martelé le ministre, invitant l’opinion publique universelle à « avoir le courage d’affronter la question de réparation ».