La deuxième édition du Brass Days, portée avec éclat par Brass Togo, s’est refermée le samedi 22 novembre 2025 à l’Espace culturel LEVEL, dans un tourbillon de sons et de lumières. Une soirée finale riche en émotions, auréolée de performances vibrantes qui ont su, une fois encore, révéler la puissance expressive de la musique de fanfare.
Les différents groupes ayant pris part au festival ont défilé sur scène, offrant un foisonnement de couleurs musicales, de chorégraphies et d’énergie brute. Le Bénin, pays invité de cette édition, n’a pas manqué d’éblouir le public, déployant un savoir-faire qui a impressionné par sa rigueur et sa finesse.
Elom Kottner, l’architecte des cuivres togolais
À la tête de Brass Togo, association culturelle initiatrice de l’événement, se tient un homme dont la passion ne faiblit jamais : Elom Kottner. Visionnaire discret mais déterminé, il a, une fois encore, guidé cet événement avec une maîtrise remarquable. À l’issue de la soirée, son émotion était palpable.
S’adressant au public et aux artistes, il a exprimé un profond sentiment de gratitude et de fierté. Selon lui, la réussite de cette édition n’est pas l’œuvre d’un seul, mais celle d’une communauté soudée : un succès forgé à plusieurs mains, porté par une volonté commune et une conviction partagée. Il confie avoir été touché par la manière dont les idées initiales ont pris corps, se matérialisant presque « comme si la musique elle-même avait orchestré les choses ».
Pour Elom Kottner, le cap désormais franchi impose une nouvelle exigence : redonner au Brass Day une identité encore plus forte, plus mature, plus professionnelle. À ses yeux, l’ouverture internationale du festival n’est plus un objectif, mais une réalité : l’édition 2025 a prouvé que les fanfares togolaises peuvent dialoguer, d’égal à égal, avec leurs homologues de la sous-région.
L’exemple béninois, dont la discipline musicale a impressionné, conforte Kottner dans une idée essentielle : la jeunesse togolaise a un potentiel immense, mais il lui faut des espaces de formation, de rigueur et d’encadrement. La fusion finale sur un morceau, réunissant tous les groupes, restera comme l’un des temps forts de l’édition un symbole vivant de cette aspiration à l’excellence collective.
L’une des priorités annoncées par le président de Brass Togo est la mise en place de résidences de création, afin d’accompagner les groupes nés à la faveur du festival. Avec l’appui de leur partenaire Sophie, disposant d’un espace de résidence à Alogavi, des sessions de deux semaines à un mois sont envisagées. L’objectif est clair : donner aux jeunes fanfares les outils nécessaires pour forger leur identité sonore, enrichir leur répertoire et acquérir une maturité artistique durable.
Une troisième édition ambitieuse : dépasser la transcendance
Placée cette année sous le thème « Transcendance », cette édition du Brass Days s’est attachée à franchir les barrières, à repousser les limites de ce que l’on croyait possible dans la fanfare togolaise. Pour 2026, Elom Kottner voit encore plus loin : plus de créativité, plus d’inventivité, plus d’audace. Il veut un festival où la musique ne se contente pas d’être jouée, mais vécue, interprétée, réinventée.
Trois jours intenses : entre joie populaire et rigueur artistique
Du flashmob vibrant à Assigame où certaines commerçantes, amusées, lançaient : « On n’a peut-être pas vendu aujourd’hui, mais qu’est-ce qu’on a dansé ! » — aux masterclasses finement orchestrées à l’Institut Goethe, chaque moment a porté une étincelle particulière.
La soirée VIP au Patio a rassemblé un public conquis, prêt à savourer chaque note, chaque éclat cuivré. Et la dernière soirée, électrique et généreuse, a confirmé ce que beaucoup pressentaient : le Brass Days s’installe durablement comme un rendez-vous majeur du calendrier culturel togolais.
À l’endroit de l’État, Elom Kottner lance un message empreint de lucidité : l’accompagnement viendra naturellement lorsque les fruits du travail deviendront indiscutables. Comme dans toute logique d’investissement, explique-t-il implicitement, il faut d’abord rassurer, démontrer, prouver. Et c’est précisément ce que fait Brass Togo : produire des résultats tangibles, montrer que la jeunesse, encadrée et mise en lumière, peut devenir une véritable force créative pour le pays.
Brass Days : un souffle nouveau pour la jeunesse, une fierté pour la nation
Avec cette deuxième édition, Brass Togo, sous la houlette d’Elom Kottner, confirme sa mission : élever la fanfare au rang d’art majeur, en faire un espace d’expression, de discipline et de liberté créative pour les jeunes.
Au-delà des cuivres, ce sont des destins qui se forgent, des vocations qui naissent, et une identité culturelle qui s’affirme.
Le Brass Days ne joue pas simplement des notes :il joue un rôle. Un rôle essentiel. Un rôle transcendant.