À Lassa, les dernières empoignades des Evala ont consacré les vainqueurs dans l’arène. Mais, au-delà des exploits des lutteurs, un autre défi s’est imposé comme la plus noble des victoires : préserver la vie sur les routes. C’est dans ce haut lieu de la tradition kabyè que l’Association des Journalistes Unis pour la Promotion de la Culture au Togo (JUCUT) a choisi de mettre un terme à sa campagne « Rouler protégé à Kara », en faisant de la grande finale des Evala une tribune de sensibilisation à la sécurité routière.
Déployée du 11 au 18 juillet 2026, l’initiative s’est achevée par une mini-caravane de sensibilisation à travers le canton de Lassa, suivie d’une distribution de casques homologués aux conducteurs de taxis-motos. Cette ultime étape a suscité une forte adhésion populaire. Conducteurs, passagers, autorités locales et riverains se sont mobilisés autour d’un même idéal : faire reculer les accidents de la circulation et promouvoir une culture durable de la prévention.
Dans une région où la moto demeure le principal moyen de déplacement, particulièrement durant les Evala, la campagne a rappelé que la prudence constitue le premier rempart contre les drames de la route. Les messages délivrés ont porté sur le respect du Code de la route, la limitation de la vitesse, le refus de la surcharge, ainsi que sur le port systématique du casque par le conducteur et son passager.
Prenant la parole devant les bénéficiaires, le président de la JUCUT, Marcel Atayi, a souligné que cette initiative accompagne les efforts des pouvoirs publics visant à renforcer la sécurité routière au Togo.
« Le casque n’est pas un simple accessoire ; il est une protection, une assurance pour la vie. Le porter est indispensable, mais le porter correctement l’est tout autant. Avant de démarrer, il faut toujours vérifier que la jugulaire est bien attachée et s’assurer que le passager est lui aussi convenablement protégé. La route est un espace de responsabilité partagée où chaque geste peut sauver une vie. »
Ce message de responsabilité a trouvé un écho favorable auprès des conducteurs. Porte-parole de ses collègues, Ouro-gnao Loukouman, conducteur de taxi-moto à Lassa, a salué une initiative qu’il juge aussi utile que salvatrice.
« Nous remercions sincèrement la JUCUT pour cette action. Les conseils reçus nous seront très utiles dans notre travail quotidien. Nous allons nous efforcer de disposer de deux casques, car beaucoup de passagers refusent aujourd’hui de partager le même. Si chacun pouvait avoir son casque personnel, la protection serait encore plus efficace. Que Dieu bénisse les initiateurs de ce projet. »
En choisissant Lassa, théâtre de la grande finale des Evala, pour conclure cette campagne, la JUCUT adresse un message fort : la promotion du patrimoine culturel et la protection de la vie humaine doivent avancer de concert. Les traditions les plus fortes sont celles qui savent préserver ceux qui les perpétuent.
Ainsi, lorsque les tambours se sont tus et que les arènes ont retrouvé leur calme, un autre héritage est demeuré. Celui d’une population davantage sensibilisée, de conducteurs mieux équipés et d’une conviction désormais partagée : le plus beau trophée des Evala n’est pas seulement la victoire dans l’arène, mais chaque vie sauvée sur la route.