
À mesure que le diabète progresse, la riposte médicale s’organise. À Lomé, la Société de Médecine Interne du Togo (SOMINTO) a lancé, ce samedi 25 juillet 2026 à l’Agora Senghor, les premiers cours de diabétologie consacrés aux actualités thérapeutiques de 2026. Cette formation continue réunit des professionnels de santé autour d’un même objectif : actualiser les connaissances, harmoniser les pratiques et renforcer la lutte contre une pathologie qui s’impose désormais comme l’un des plus grands défis sanitaires du pays.

Face à une maladie qui gagne du terrain sans bruit, la réponse ne peut être improvisée. Elle doit être scientifique, coordonnée et anticipatrice. C’est tout le sens de cette initiative portée par la SOMINTO, qui ambitionne de doter les médecins généralistes, techniciens supérieurs de santé et infirmiers des outils les plus récents en matière de prévention, de diagnostic, de traitement et de suivi du diabète.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’enquête STEPS 2021, la prévalence du diabète au Togo est passée de 2,6 % en 2010 à 4,9 % chez les personnes âgées de 18 à 69 ans. Une progression qui traduit l’ampleur croissante des maladies non transmissibles et qui appelle une mobilisation renforcée de l’ensemble des acteurs du système de santé.

Durant cette formation, les participants explorent un vaste éventail de thématiques allant de la physiopathologie du diabète aux complications aiguës et chroniques, en passant par les nouvelles stratégies thérapeutiques, l’insulinothérapie, la prise en charge nutritionnelle, le pied diabétique, le diabète gestationnel, les maladies cardiovasculaires associées, l’activité physique, la santé mentale, sans oublier l’éducation thérapeutique indispensable à une meilleure observance des traitements.

A l’ouverture des travaux, le Professeur Mohaman DJIBRIL, président de la SOMINTO, a rappelé que le diabète n’est plus une maladie marginale, mais une véritable urgence de santé publique qui touche désormais des millions de personnes à travers le monde et un nombre croissant de Togolais. Pour lui, cette réalité impose aux professionnels de santé une remise à niveau permanente afin que les patients bénéficient d’une prise en charge conforme aux avancées scientifiques les plus récentes.

Le spécialiste a souligné que la médecine du diabète connaît une évolution rapide, marquée par l’arrivée de nouveaux médicaments, de nouvelles technologies et de nouvelles approches thérapeutiques. Même si certaines innovations restent encore peu accessibles au Togo, il estime indispensable que les praticiens en maîtrisent déjà les principes afin d’être prêts à les intégrer dès qu’elles seront disponibles. L’ambition est claire : faire évoluer progressivement la qualité des soins tout en rapprochant le pays des standards internationaux.

Au-delà de la transmission des connaissances, ce séminaire se veut également un espace de dialogue entre praticiens. Les échanges d’expériences, les discussions autour des cas cliniques et la confrontation des pratiques permettront de construire un langage médical commun. L’objectif est que chaque professionnel, où qu’il exerce sur le territoire national, applique les mêmes recommandations fondées sur les meilleures preuves scientifiques disponibles.

Le Professeur DJIBRIL a également annoncé la volonté de la SOMINTO d’inscrire cette dynamique dans la durée. L’organisation souhaite désormais réunir les professionnels de santé à un rythme régulier, idéalement deux fois par an, afin d’actualiser continuellement les connaissances et d’accompagner les évolutions rapides de la diabétologie.
Interrogé sur les moyens de freiner la progression de cette maladie, le président de la SOMINTO a insisté sur un levier essentiel : le dépistage précoce. Selon lui, de nombreux patients découvrent encore leur diabète lorsque les complications sont déjà installées, parfois à l’occasion d’un coma ou d’une hospitalisation. Or, une détection anticipée permet non seulement d’instaurer rapidement un traitement adapté, mais aussi de prévenir ou de retarder l’apparition des atteintes rénales, cardiovasculaires, neurologiques ou oculaires qui compromettent durablement la qualité de vie.

Au terme de cette rencontre scientifique, un message fort se dégage : former les soignants, c’est déjà soigner les patients. En misant sur l’excellence médicale, le partage des connaissances et l’amélioration continue des pratiques, la SOMINTO entend transformer chaque professionnel de santé en véritable sentinelle de la lutte contre le diabète. Car face à cette épidémie silencieuse, la meilleure ordonnance reste encore la compétence, la prévention et l’action collective.
