GRCRO 2026 : Lomé au cœur de la riposte africaine contre la criminalité financière à l’ère de l’intelligence artificielle

ECONOMIE SOCIETE

Lomé s’apprête à devenir, les 8 et 9 juillet 2026, la capitale africaine de la gouvernance, de la conformité et de la lutte contre la criminalité financière. À l’occasion de la troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO), l’hôtel 2 Février accueillera des décideurs, magistrats, régulateurs, banquiers et experts venus de 46 pays, réunis autour d’un défi commun : bâtir des systèmes plus résilients face à des menaces financières en constante mutation.

Placée sous le haut patronage du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette grand-messe de la conformité s’articulera autour d’un thème d’une brûlante actualité : « La fraude, la corruption et les autres infractions sous-jacentes au blanchiment des capitaux et au financement du terrorisme à l’ère de l’intelligence artificielle. » Un intitulé qui traduit parfaitement les nouveaux visages d’une criminalité financière de plus en plus sophistiquée, où les technologies innovantes constituent à la fois des leviers de protection et des outils potentiellement détournés par les réseaux criminels.

Parmi les temps forts de cette édition figure la keynote de Zoro Épiphane Ballo, président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) de Côte d’Ivoire. Son intervention, très attendue, portera sur « La réaction de la Côte d’Ivoire face à sa mise sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) », une thématique qui résonne aujourd’hui bien au-delà des frontières ivoiriennes.

Au-delà du simple retour d’expérience, cette prise de parole permettra d’éclairer les stratégies mises en œuvre par les autorités ivoiriennes depuis leur inscription sur la liste grise du GAFI en octobre 2024. Une situation qui a servi de catalyseur à une série de réformes destinées à renforcer l’arsenal national contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la corruption.

La Côte d’Ivoire a ainsi engagé un vaste chantier de modernisation de son dispositif institutionnel, en intensifiant le traitement des dossiers financiers sensibles, en consolidant les mécanismes de transparence publique et en renforçant les instruments de prévention. La protection des lanceurs d’alerte, l’amélioration du système de déclaration de patrimoine ainsi que le perfectionnement des mécanismes de contrôle figurent parmi les réformes majeures entreprises pour répondre aux exigences internationales.

À la tête de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, Zoro Épiphane Ballo poursuit également une politique volontariste en faveur de l’intégrité publique. Son institution joue un rôle stratégique dans la coordination de la politique nationale de prévention de la corruption, la réception et le contrôle des déclarations de patrimoine des hauts responsables de l’État, ainsi que la coopération avec les autorités judiciaires compétentes dans les affaires relevant de son champ d’action.

Cette keynote viendra enrichir un programme particulièrement dense, où convergeront magistrats, responsables des cellules de renseignement financier, autorités de régulation, établissements bancaires, entreprises privées et spécialistes africains et européens de la conformité.

Durant ces deux journées d’échanges, les débats exploreront les nouveaux horizons de la conformité à l’heure du numérique. Intelligence artificielle appliquée aux dispositifs de contrôle, détection automatisée de la fraude, procédures de connaissance du client (KYC), identification des bénéficiaires effectifs, surveillance des personnes politiquement exposées, renforcement des dispositifs de contrôle interne : autant de thématiques qui illustrent la profonde transformation des métiers de la gestion des risques.

Plus qu’une simple conférence, la troisième édition de la GRCRO ambitionne de devenir un véritable laboratoire d’idées où l’expérience des États, l’expertise des institutions financières et l’innovation technologique convergeront pour faire reculer les frontières de la criminalité financière. À Lomé, il ne s’agira pas seulement de décrypter les risques de demain, mais surtout d’inventer les réponses capables de préserver l’intégrité des systèmes financiers dans un monde où l’intelligence artificielle redéfinit les règles du jeu.