Nuit des Artisans 2026 : A Djidjolé, le ballon rond a tissé les liens entre les métiers

CULTURE SOCIETE SPORT

Le samedi 15 août 2026, le terrain Five City Sport de Djidjolé a troqué les ateliers contre la pelouse. Pendant près de trois heures, menuisiers, mécaniciens, plombiers, peintres, maçons, staffeurs et photographes ont fait parler leurs talents balle au pied. Au-delà du score et du trophée, la quatrième édition de la Nuit des Artisans a surtout remporté le pari de la fraternité.

Il fallait bien un terrain pour réunir ceux qui, toute l’année, travaillent dans des ateliers différents. À Djidjolé, le football a joué les prolongations de la solidarité en rassemblant des artisans venus de plusieurs horizons professionnels autour d’un même idéal : se retrouver, échanger et célébrer ensemble la noblesse du travail manuel.

Organisé dans le cadre de la quatrième édition de la Nuit des Artisans, ce gala de football s’est voulu davantage qu’une simple compétition sportive. Sur la pelouse, les crampons ont remplacé les outils, mais l’esprit est demeuré le même : celui de professionnels qui savent que, pour construire durablement, il faut aussi savoir unir les forces.

Dans une atmosphère chaleureuse et empreinte de fair-play, les différentes équipes se sont affrontées dans la bonne humeur. Les peintres en bâtiment ont finalement tiré leur épingle du jeu et décroché le trophée, au terme d’une compétition qui aura surtout consacré une autre victoire : celle du vivre-ensemble.

Pour KAGNINIWA Tadona, dit Tadona Style, promoteur de la Nuit des Artisans, le choix du football répond à une ambition précise : créer un espace où les artisans peuvent se rencontrer autrement, apprendre à mieux se connaître et jeter les bases d’une solidarité professionnelle plus forte.

Le promoteur voit dans cette rencontre sportive un véritable trait d’union entre les métiers. Il s’agit, explique-t-il, de permettre aux artisans de sympathiser, d’échanger leurs coordonnées, de partager leurs expériences et de se donner la main dans leurs activités quotidiennes.

Cette quatrième édition revêt, à ses yeux, un caractère particulier. Malgré un accompagnement encore limité en matière de sponsoring, la mobilisation des artisans a permis de maintenir le cap. Maçons, plombiers, photographes, peintres, menuisiers et mécaniciens ont répondu à l’appel, donnant à l’événement une coloration plus plurielle.

Cette diversité n’est d’ailleurs pas fortuite. Après avoir accordé une place importante aux couturiers lors des précédentes éditions, l’organisation a choisi cette année d’ouvrir davantage le cercle à d’autres professions. Une manière de rappeler que l’artisanat ne se conjugue pas à un seul métier, mais au pluriel des talents et des savoir-faire.

Tadona invite donc les couturiers, coiffeurs et autres artisans encore peu représentés à prendre davantage part à cette dynamique. Pour lui, il ne suffit pas d’observer l’évolution du secteur : il faut aussi en devenir un acteur engagé.

Entre deux rencontres, les échanges ont été aussi nombreux que les passes sur le terrain. Les artisans ont profité de cette parenthèse pour évoquer leurs réalités quotidiennes, partager leurs difficultés, mais aussi nouer de nouvelles relations professionnelles.

Pour Doussè Assou, plombier, cette initiative offre précisément cette possibilité de sortir, le temps d’une journée, du cadre habituel du travail. Après des mois passés entre chantiers et ateliers, les artisans avaient l’occasion de se retrouver dans une ambiance plus détendue et de renforcer les liens qui peuvent être précieux dans leur vie professionnelle.

Le gala a ainsi permis de transformer le football en véritable outil de réseautage. Ici, une passe pouvait ouvrir la voie à un contact ; un échange autour du terrain pouvait déboucher sur une future collaboration. Comme quoi, dans l’artisanat aussi, les meilleurs partenariats commencent parfois par une bonne passe.

KOLENOU Dodji : « Il faut soutenir ce qui valorise notre propre travail »

Partenaire de cette quatrième édition à travers le Garage Auto Car Clinic, KOLENOU M. K. Dodji considère la Nuit des Artisans comme une initiative qui mérite une mobilisation beaucoup plus large.

Pour lui, le projet porté par Tadona ne doit pas être considéré comme l’affaire d’un seul promoteur. Il appartient à l’ensemble des artisans, puisqu’il vise directement la valorisation de leurs métiers, de leurs œuvres et de leur savoir-faire.

Son appel est donc sans détour : les artisans doivent s’approprier cette initiative et contribuer à son rayonnement. Car, estime-t-il, soutenir un tel projet revient finalement à investir dans la visibilité et l’avenir de l’artisanat lui-même.

Sur le plan sportif, son équipe nourrissait l’ambition de rejoindre la finale et de repartir avec le trophée. Elle a finalement été stoppée en demi-finale. Loin de laisser la déception prendre le dessus, le responsable du Garage Auto Car Clinic a salué les vainqueurs avec fair-play, tout en promettant de revenir plus déterminé lors de la prochaine édition.

Son ambition ne s’arrête d’ailleurs pas à la pelouse de Djidjolé. Il rêve déjà d’un tournoi de plus grande envergure, qui pourrait, dans les prochaines années, prendre ses quartiers au stade de Kégué.

Après le rendez-vous sportif, les regards se tournent vers la grande soirée d’apothéose de la Nuit des Artisans, prévue à l’Hôtel Sarakawa ce Dimanche 16 Aout. Pour cette soirée, les organisateurs annoncent des tickets accessibles à différents niveaux : 2 000, 5 000, 10 000 et 20 000 FCFA.

KOLENOU M. K. Dodji invite les artisans et le public à répondre massivement à ce rendez-vous. Son message est simple : lorsque les artisans organisent une manifestation destinée à mettre leur propre travail en lumière, ils doivent être les premiers à la soutenir.

Car derrière les métiers, les ateliers et les productions, il y a des hommes et des femmes qui contribuent chaque jour à l’économie et à la vie sociale du pays. Leur donner de la visibilité, c’est aussi reconnaître leur contribution.

Au terme de ce gala, une évidence s’impose : la Nuit des Artisans est en train de dépasser le simple cadre d’une manifestation événementielle pour devenir un espace de rencontre, de reconnaissance et de solidarité entre professionnels.

Le mérite de cette quatrième édition est d’avoir fait dialoguer les métiers à travers le sport. Les peintres ont remporté le trophée, mais tous les participants auront gagné quelque chose de plus précieux : des rencontres, des contacts, de la visibilité et un sentiment d’appartenance à une même communauté professionnelle.